Monique POURRE 76 - Sotteville les Rouen
Mo t de plume, brouillamini Ni d de bouts rimés, mosaïque Qu e, des lettres –sons -sens, signe… M. Pour grimoire, Re création de mots… … hante tout ce qui lui tombe sous la plume, et, pourvu que ses sens y puissent boire et manger. C’est comme ça qu’on peut, de ses mots, retrouver ici, là et ailleurs, chez les "poétisés"… Créateur de rimes et passionné de mots, ‘la rimailleuse’, ainsi qu’elle se définit, à ce sujet, mais aussi mobilise son regard, en accrochant le vôtre sur des instantanés servant de toiles de fond à quelques haïkus, ou poèmes courts. Pour information, Monique Pourre a écrit une bonne vingtaine de recueils de poésies ainsi que deux ouvrages, traces de ses expériences en Sciences de l’Éducation. Certains de ses écrits sont en vente en librairie. Plusieurs de ses poèmes ont paru dans de nombreuses revues à travers l’Hexagone, le plus souvent sous son pseudonyme : M. la chartreuse. D’autres écrits ont été lus sur les ondes. D’autre part, elle participe à quelques Salons du Livre où elle expose parfois, fait atelier d’écriture, vend ce qu’elle appelle des ‘Cartes postales’. On y a vu ses dernières créations au Salon du Livre, à l’Abbaye de Corbigny dans la Nièvre, à la salle des fêtes de Craponne dans le Rhône, en 2005. En 2006, elle a exposé aussi au Centre Socioculturel de Saint-Etienne du Rouvray, dans le cadre du Printemps des Poètes (autour d’une soirée poésie ayant pour thème ‘Mots de villes et d’alentours’) de même qu’au Festival de la Rencontre, organisé par la délégation Regards du Rhône, et en septembre 2006, l’ensemble de ses ‘Mots sur images’ sera visible au Cloître de la Chardonnière, dans le Rhône, pendant un mois complet. Ainsi, ces derniers mois, elle s’est recentrée sur Regards, association artistique et littéraire qui se veut "un dialogue concret et permanent entre les artistes et le public", et qui, de ce fait, organise des manifestations culturelles associant toutes formes de créations artistiques et littéraires. Dans ce cadre, elle est déléguée de Haute-Normandie. Nota bene : "Elle ne peut aller plus longtemps… nulle part" Contact :
lachartreuse@wanadoo.fr http://la.chartreuse.over-blog.fr/ Quelques livres de Monique : Bibliographie : Des recueils : 1 - Grimoire, le chat et la chartreuse... Cartes postales (chat et jardin en friche) 2 - D’Ardèche... à ma planète marine (en juillet de l’année, en février de suivante, etc.) 3 - "Elle, (d’amour, d’enfance, trace... elle cherche une place) 4 - "Elle, Màire... (A en Aimer, B en Bal(l)ades, C en Café-philo...) 5 - "Elle, Màire la chartreuse... (mot de plume... signe : M.) 6 - Fleurs et fruits, feuilletés... au cadran, en clichés (au jardin de curé) 7 - A.B. C. D’Elle... M. la chartreuse (à G. Braque : "Poésie de mots inconnus") 8 - En scène... la ronde des "Bien-être"(atelier d’Échanges de Savoirs, RERS) 9 - Des brouillons de... l’Inconsistante (atelier d’écriture en bibliothèque) 10 - Échos et photos du duo... aux restaux, aux bistrots (avec M.A., comme testeur) 11 - Au jardin, la chartreuse... Petit Prince et berceuses (des extraits… aux saisons) 12 - L’important, l’invisible... (l’aveugle et/ou l’aveuglé du "petit prince") 13 - L’abécédaire d’une amoureuse (de l’attente... aux zestes) 14 - Des braises, à offrir... (la petite poucette et l’amour, les êtres, l’alentour) 15 - Mise en scène de Lettres d’alphabet... (atelier "Maison pour Tous") 16 - Question-ne-ment... sur tous les temps ? (recueil d’un cercle d’échanges) 17 - Re-cueille… des instants de présence, d’écoute (en atelier d’Échanges, RERS) 18 – Sept paysages d’hiver… (en chartreuse, photos polaroïd de fin janvier 2003) 19 – 'Croquer'… d’une soutenance d’H. D. R. (et de Thèse) (d’un Candide) 20 – Le labo… en paquet cadeau ? "Amour, poésie, sagesse" (avec chats dessins) 21 – "Il soutient, l'ami… le sage"(5 textes et 4 'croquer' du jury de soutenance) 22 – Et si elle écrivait… comme si c’était à YO ? (un mois pour se dire, et dessins) Des ouvrages édités : - Un Essai, sorte de vade-mecum sur l'être à la culture, et rapport à l'écrit : ‘Des traces de vie d’une recherche…et poésies, en Sc. de l’Éducation’( 21 €) - Aussi : un documentaire, récit d’expériences pédagogiques, titré : "Carnet de route…en Classe Unique (de 1966-1967)" (18 € ) - Avec : un opuscule poétique, agrémenté de peintures ( en noir et blanc) : "En chemins des sens… Elle, égrappe, sentinelle" (10 €) - De même : un carnet de haïkus, cinquains et autres, sur photos ou dessins : "Amours en miroirs…" (10 €) - Encore : un cent de haïkus sur images, en grisées, de photos ou dessins : "Saisons d’amour…" (15 €) - Toujours : mots –d’arrêt sur image –de bouteille à la mer –de jardin secret : "Des mots mis bout à bout : Mots de ville, de vie…" (7 €) - "Aimer, est-ce cela ? Aimer..." poésie (15 €) - "Instantanés... Instants donnés." (5 €) - "Des fleuris d'une rencontre" en collaboration avec Yvonne Drevet-Ollier aux éditions Regards. (25€) vendu au profit de l'Association des Paralysés de France - "Souvenirs de Francine... Mots de vie !" (10 €) vendu au profit de l'Association des Paralysés de France - Quelques jours en 68 : journal d'un passage - 9 € - "D'Ardèche... à ma planète marine." - 6 € - Editions "la Chartreuse" - "Grimoire, le chat, et la chartreuse : cartes postales" - 9 € - Editions "la Chartreuse" - "RE-CUEILLE… des instants de présence, d’écoute" - 8 € - Editions "la Chartreuse" - "Quelques jours en 1968" Journal d'un passsage - 9 € - Editions "la Chartreuse" - "Pour mémoire de l'eau : des images... des mots" - Des ‘Cartes Postales’ et des cadres… de courts poèmes (haïkus, cinquains et autres) d’instantanés sur photos ou dessins : "Mots sur images…" 12 € - Editions "la Chartreuse"
Ses créations
Ses recueils
Me montrait le chemin… Il faisait, alentour, un de ces ciels d’orage aux sombres nuées bleues. Le soleil se couchait dans un rideau de pluie. Et, m’apparut un mage aux couleurs irisées qu’une éclaircie créait… S’érigeait la clarté, la paix après tempête, trouée de lumière en changements de saisons. C’était le renouveau, un appel à la fête, pastels pour horizon et arc-en-ciel en pont… Communion avec toi, ce clin d’œil à la terre, pour aller vers demain, me montrait le chemin. Il me disait : Reprends l’élan vers la lumière et le beau de l’amour… Il t’appelait : Reviens ! Accueil… … A… de l’échanger, et la confiance Remplir plein le panier d’offres et de demandes ; Échanger ses passions, ses savoirs, ses secrets ; Rendre le tant reçu en multiples offrandes ; Savoir trouver sa place en convivialité… Le marché bat son plein ; c’est le souk ; à la table pêle-mêle, crochet, couture ou bien tricot, carton plume, bouquets de fleurs en véritable, s’échangent contre écrits ou débrouille en métro… Par ici la visite en accompagnatrice dans le Jardin des Plantes, les administrations ; par là, l’accueil des gens au café pain d’épices, aux ateliers d’écrits et autres discutions… L’une demande un jeu -bilan de compétences et offre d’aller en visite, à "l’écouter" ; l’autre cherche, hors chez elle, une nouvelle ambiance et propose d’aller chez qui veut être aidé… Rendre heureux, savoir-vivre ; et libre, savoir-faire ; Écouter pour aimer recevoir et donner ; Rendez-vous en Réseau ; c’est, là, la belle affaire ; Savoir être en attente, en accueil d’amitié… L'indigo de l'arc-en-ciel… De sombres nuées bleues dans un ciel violacé drapaient cet univers cinglé par les zébrures électriques d'éclairs. Je dormais dans un pré et chevauchais Pégase en quête d'aventures… En guise de tapis volant, un arc-en-ciel forme un pont jusqu'au Inde et me fait toucher terre sous un indigotier tout fleuri, pour mon miel, de rose, jaune, blanc ou rouge, en boutonnières… " - Seul, la feuille et la tige enferment l'indigo, me susurre le jeune arbrisseau des tropiques ; si tu veux, je te donne ma sève, en cadeau, pour colorer tes nuits de ce spectre magique… Un dôme, je te napperais, dans les tons bleus, écrin pour le rougi de ton cœur, flamboyance, et voilerais d'ombrés le tout, un couvre-feu pour cacher ta passion et vivre ta romance…" " - Ton bleu d'Inde, en peinture… Ecoute-moi l'ami, sous le ciel de mon lit, il me faut des étoiles, et, dans ma couche, là, un grand amour, aussi, bien en chair et en os pour me mettre les voiles… M'en retourner glaner la violette aux couleurs : bleu du ciel, vert chemin sous un soleil orange, avec jaune en lumière, un flambant rouge au cœur. Toi, l'indigo, je te sais, de mes nuits, l'archange… " Avec rêve, réel et amour essentiel, je suis, envers nature, empli de gratitude. Ainsi, en harmonie, diaphane arc-en-ciel me complaît dans la sensation de plénitude… Peut-être qu’une rose… Et le ciel, au-dessus de sa tête, n’est plus qu’un voile tout mité, un linceul sur béance. Sa terre est un chemin sans fin, sans inconnu, avec même passé et mêmes expériences. Elle ne peut se perdre, en allant nulle part : elle est là, rassurée que du temps se délivre lorsqu’elle le voudra ; il n’est pas de hasard, et son âme évidée pourra cesser de vivre. En attendant, elle se débat dans l’instant, arrachant l’épineux, en quête d’autre chose : peut-être qu’une rose offrirait un présent à sa main, pour demain, à cueillir, si elle ose… … Et elle aurait alors à marcher vers un but qui lui donnerait un avenir, une attache au port, une ancre, un horizon, un aperçu pour se sentir utile et se mettre à la tâche. Mais les désirs, les mots lui sèchent dans le cœur ; elle chancelle sous les ressacs et l’écume de ses flots en folie ; et sans encre, sans pleurs, n’a plus goût de sel ni de tout ce qui parfume. Elle sait ne pas se re-trouver, à présent ; mais peut-elle devenir une autre, cet être, ce quelqu’un qui saurait vivre de l’important : fleur, renard, petit prince ? Il lui faudrait re-naître… Illustration aux crayons aquarellages : "Des éclats du miroir… Des cristaux au parloir" Quelques cinquains Lointain d’eau bleue, grisée d’horizons moutonnés, se voile de rose où se tracent nos pas… Voyage sur la plage, la dune ; un puits fait offrande, à nos soifs, d’un lieu sacré d’amour Ecrin d’herbeux talus sous un ciel velouté de rose, bleu, en camaïeu se perle… de sable là, nos pas se sont accordés à l’harmonie du lieu d’un dentelé d’amour Deux fleurs en tête à tête pour se dire, écouter, se rencontrer et partager deux cœurs… deux âmes pour se donner cadeau d’amour et fleurir de leur beau là, en offrande, deux corps L'amour est un silence, un silence habité d'une harmonie, d'une envolée d'oiseau… Sur fil de funambule, en grand désert avec l'unique, toi, pour rendez-vous d'amour… Un rêve abandonné aux saisons endormies s'est revêtu de buissonniers, départ… Amour, geyser de beauté, de parfum, jaillissant des ombrés, là, ressuscite la rose… Tout… Dis-moi tout : tes silences tes mots tes souffrances tes beaux tes erreurs tes sanglots coups de cœur et cadeaux… Donne-moi tout : tes présences tes absences tes enfances tes carences tes vols de papillons tes mains, tes compagnons, tes livres non écrits, tes rêves d’infini… Prends-moi tout : mes bombances mes excès mes créances mes retraits mes allées, mes virées, mes retours en nausées ; tous mes pas buissonniers de rêveur écolier ; mes bras tendus, gelés, épouvantails figés ; mes clowns, rires d’enfant, tous mes loupés d’amant… Donne-toi tout : mes restes d’innocence, mes rythmés, hors cadences, titubations du cœur, oscillations des peurs, mes envolées, sursauts d’amour pour tes échos… Mon corps en est mémoire… De muses, de beaux arts mon corps en est mémoire, architecte des sens et des mots… Son histoire : un camaïeu de chair, statuaire vivant, partition, clé en main, chorégraphie d’enfant… Pastel et transparence, badigeon de peinture, la palette en mon corps a traces d’aventures, de bleus, blancs de l’oubli, d’arc-en-ciel de couleurs, des touts, noirs de présents, clairs-obscurs d’amateurs… Ciselée, repoussée, ébauche de sculpture, la statue de mon corps, à l’eau forte, gravure, a d’acides reliefs, des saillies et des creux, rondes-bosses en niche aux souvenirs d’aveux… En sourdine, en soupir, en syncope, en musique, mon corps bat la mesure, orchestre romantique, ritournelle, comptine et autre clé des champs, quand il s’accorde aux clefs d’aériens instruments… Marche au pas, entrechat ! Ouvre et ferme la danse ! Mon funambule corps chasse croise, en cadence, des rondes enfantines… et ma taille s’émeut, se balance , s’inscrit d’interdits et de jeux… D’imaginaire en vers, en rimes d’écriture, mon corps en est grimoire : de signes et ratures, réceptacle de sens, de mots et d’émotions, il courtise les muses en des re-créations… Mon jardin secret… Fouiner aux alentours pour glaner quelques fleurs avant que de pousser la porte du domaine des folles herbes qui croissent, avec bonheur, me démange des ailes ; là, l'étoile est la reine… de l'antre. Je ne suis pas maître en mon jardin, pas plus de la déambulation négligente des bipèdes qui en défrichent les chemins que des nuées qui s'y invitent, chatoyantes… Caverne d'Ali Baba, des pleins, des visions de lampe d'Aladin veillant à l'écriture, ma tanière se créée d'images, d'émotions, entre ciels et déserts, flammes pour aventure… Avec des bancs de bois, pour le recueillement ou pour le monologue au temps du grand silence, mon paysage exhibe un puits, source à l'errant, vagabond de sa vie, en quête de l'enfance… Parfois quelques ombrés s'y parent des couleurs camaïeux de soleil sur nuages, lumière quand tu ouvres ta main à mes sens, à mon cœur ; en perspective alors surgit une lumière… Car mon jardin secret est lieu de rendez-vous de papiers musardés et de plumes qui sèment des mots, des grands, des gros, des petits et des doux, de l'unique, pour toi, à qui je dis : je t'aime… Rêve de mots de miel… Ma pensée, vagabonde, emmène dans la lune son double, rêverie, ses songes d’infini, musardant en désert sur velouté de dunes, en quête d’étoilé dans un vert paradis… Jour et nuit, elle va, au pays de l’enfance, poursuivant la chimère au doux nom de Désir ; elle cherche l’élan qui donne l’appétence, l’envie de s’attarder du côté du plaisir… Elle s’essaye au monde, attifée de deux ailes, hésite entre Pégase et Icare, là-haut ; l’ivresse de voler la mue en tourterelle qui s’en va roucoulant vers quelques jouvenceau… … Alors, pour un instant, je sais ce que c’est vivre ; c’est prendre par la main l’unique liberté et s’en aller bâtir un monde avec, pour vivres, l’eau des cieux et l’amour de la vie, la beauté… … Et il me prend des démangeaisons de voyage pour une île aux trésors, avec de l’inconnu ; pour du vrai, pour du faux, rattraper ces mirages d’innocence, de plénitude… et le cœur nu, … main tendue et, aux lèvres, un éclat de fou rire, je vais, le panier plein, sur la terre arc-en-ciel, semer grains à ma plume et pollen à l’écrire : pour toi, mon amour, je rêve de mots de miel… Je me suis fait… Terre, je me suis fait, de glaise, de limon, gorgée de fleurs, de fruits, pour la reproduction. Mon corps est plein de larmes, de rires d'enfance pour toi qui est promesses d'engrais, de semences… Et, ciel, je me suis fait, de poésie et d'art, rêve d'Icare et oiseau -muse des nues ; car mon âme est d'arc-en-ciel et de mains sensuelles pour toi qui est le souffle, pensée rituelle… Et, feu, je me suis fait, cendres et combustions, flambeau, flamme et chaleur, source d'inspiration ; mon esprit est de sel, de don, d'imaginaire, pour toi qui es la loi, l'autorité en chaire… Et, eau, je me suis fait, houle, lames de fond, moutons, rides, ressacs, déferlante intuition ; mon sexe est né de vagues, d'attentes de femme, pour toi, amour, dieu nu, et de l'éden, sésame… Grimoire, "son -sien –chat…" Depuis elle est en manque, ou du moins il lui manque ce minet, ce fripon, joufflu et racoleur, qui s'en prenait au cœur comme boule en pétanque et chatouillait ses sens, en les accrochant cœur… Ses yeux de feu, de fauve, et sa tigrée pelisse la menaient vers un antre, au pays d'inconnu, où l'amour est chemin d'arc-en-ciel que l'on tisse de regards dérobés aux paradis perdus… Comme elle a froid, soudain, à ses mains, sans fourrure à fouir, à caresser, à s'en électriser d'éclairs enluminés, sur tons frangés de bure, de ce dieu des errants, des enfants mal-aimés… Elle avait là sa place, entre rêve et attente d'un au-delà moiré à patte de velours ; son grimoire existait, chez elle ou sur les sentes en cailloutées d'allers, à présent sans retour… A sa page évidée, qui lui dira les muses aux échos de grelots et de billes en jeux quand l'enfer et le ciel, aux marelles, s'amusent, et qu'il suffit d'un chat pour exister un peu… Il était son –sien -chat ; il s'appelait Grimoire. La roulette a écrit son dernier numéro. Il était la beauté, le désir, en mémoire. Depuis elle est en deuil ; il lui manque… des mots "Envol de lettres…" "Envol de lettres", là, éparpillées, sans voix, sans accents compagnons, sans tirets, sans béquilles, laisse le voyageur, double frère du roi nu, tel l’éléphanteau au sein d’un jeu de quilles… Sous quel souffle anodin ces phrases semées là, germées en quelques mots, érigées pour la fête, se sont désintégrées, ramassées sous le pas d’un lunaire quidam, d’un enfant, d’un poète ? Trois mots pour musarder entre déliés et pleins mis sens dessus dessous, captés à tire- d’aile, se lissent, se déplient, s’ébrouent en creux de mains, prennent plume au papier, s’en vont faire la belle… "Envol de lettres…" un vol pour être : clé des champs à l’errant, clé des rêves à l’élève… pour aller vers l’ailleurs, cette unique planète des goûts et des couleurs de ceux qui font la fête : aux enfants, à Adam, pour son Ève, pour la fève… Un fol bien-être : "Envol de lettres…" Salut à toi, l’artiste… Porte-bonheur, en piste ! Et s’embarque, sous chapiteau, un train d’artistes, hormis du septième art ; les voilà tous en piste ! Le chef d’orchestre inspire, au cœur du musicien, entre archet et violon, des sanglots diluviens qui coulent sur portée… En avant la musique, qu’elle soit religieuse, en chambre ou romantique ! Et chasse-croise pas, danseur ou comédien ; mime, autre théâtreux, l’art te rend magicien. Alors, si dans les nues passe quelque poète, le temps se fait divin, suspendu pour la fête… Et s’étonne la muse, âme d’architecture fleurissant des terreaux ivres ; dame nature a offert tous ses fruits : de l’arbre au charpentier, de la pierre au maçon, de la terre au remblai… Et s’élèvent des tours, des mâts, des cathédrales, des pistes, des greniers pour enfants de la balle, pour des songes en bleu, des murmures-grelots aux hôtes des déserts, aux mirages des mots… Et s’entoure d’obscur la déesse en sculpture, aux formes arrondies, en quête d’aventures, de glaises endormies, de bronzes, plâtres gris, quand la main de l’amant la frôle, la caresse, la taraude, la griffe ou la creuse en promesses d’éveils, de dons de vie, d’unions à l’infini… Et s’inspire des cieux le mythe de peinture, en pastels d’arc-en-ciel orné de fioritures quand le tableau s’inscrit, nuage d’impressions, aux volutes ombrées sur la toile en fusion… Salut à toi, poète, architecte, sculpteur, musicien, comédien, peintre… porte-bonheur ! La conversation de la rose en ce jardin : Il est temps d’aimer… Aux temps froids, la rose parle du beau du silence revêtu d’amour… C’est un cri de vie, la rose, aux confins d’hiver clame notre amour… Besoin de toucher la rose née des frimas pour dire l’amour… La rose, chaleur, console le froid jardin de son arc-en-ciel… Des éclats de rose empourprent les buissonniers pour s'orner d'amour… Du grésil sur rose et des transports amoureux irisent le temps… Sous des cieux de neige une rose s’est donnée pour nacrer nos cœurs… Et s’il fait soleil au cœur de ce février c’est par toi, ma rose… Libre… Est-elle libre ? Elle est libre et elle a tout pouvoir : décider de sortir, de rentrer ; elle est indépendante et peut, à tout moment, faire ce qui lui plait ; elle est seule et, de fait, est maîtresse et servante. Elle a le jardin plein de graines, fleurs et fruits, la cuisine équipée, la voiture au garage, la maison grande ouverte, avec coins pour amis ; elle attend, disponible à tous les arrivages. … Après avoir quêté, main tendue, tout le jour, picoré, mais sans faim, pour garder l’équilibre, cherché, en vain, rose à donner à l’alentour, elle va se coucher, sans rêver : elle est libre… Elle est là, place libre avec vide pour lieu de rencontres, d’espoirs, d’envies et d’autres choses, errant dans du néant, et en manque de cieux, libre électron ayant, pour cœur, une nécrose. Oui, je sais, elle est libre ; oui, et peut s’émouvoir d’un…, en la boîte à mots, d’un bonjour, d’un silence, l’écorchée qui se fait tanière d’un gueuloir pour y cacher ses pleurs, ses braises, ses souffrances. … On dirait qu’elle a peur, quand la voilà, enfant, hésitant à choisir, écartant ce qui vibre et qui serait propice à quelque embrasement qui la ferait aimer, pour rien… Est-elle libre ? "Au poète, et en mots…" "J’ai vu…" des volées d’oiseaux sur fils barbelés quand l’heure se poudrait d’arc-en-ciel et plumage, accrochant des nuées, rouge-sang, en filets sur mon ciel éthéré par l’envie de ramage… "Le temps…" dés-habité de présence au toucher, de beauté, s’étalait, se jouait des jambages, se grisait de mes pleurs, se prenait, là, aux rets des notes en portées de bourrasques, d’orages… "La nuit…" surgit d’un temps, homme en lieu, trépassé, blanche, la maculée de duvet, en l’ancrage, modula deux-trois sons, frôlements égarés d’un coucou à mes sens, pour quelques amarrages… "Au poète…" qui m’a réveillée aux reflets de ses vers égrenés en vastes paysages de nuit, de temps encrés, là, en mots buissonniers, je prends la main tendue, lui offre mes hommages… "De mon âme", en souffrance… Ecoute les échos plaintifs des cicatrices, trace des pas perdus à tes feux d’artifices… Tremble au bord de ce gouffre et n’appelle pas dieu, unique ultimatum, à tes manques de cieux… Sache qu’il est trop tard pour croire encore aux songes, amants des buissonniers, quand la douleur te ronge, voile en berne largué sur squelette d’un cœur asséché, pressuré d’allers-retours violeurs ; infini de l’absence, inscrits ta déchirure : solitude pour toit, néant pour couverture… Marche ou crève, ma vie ; tu n’es plus une enfant ; ôte-toi de l’idée qu’il n’est prince charmant, ni perle en main d’ami : tout ça, c’est des histoires ! Âme de mon attente imprime en ma mémoire, martèle clous sur bois, façonne quelques mots et me les offre nouveau-nés, comme un cadeau… "Fissure d’âme", mot… C’est qu’il en a fallu des traces, des fissures, crevassant la peau nue des mains de l’amitié, lézardant le regard d’éclats en éraflures, pour qu’une goutte perle au masque d’aveuglé… C’est qu’il en a fallu des stries et des rainures contractant et fouettant le tympan sillonné d’appels de morts-vivants, des silences-brisures, pour qu’une mélopée s’harmonise au muet… C’est qu’il en a fallu des espaces-fêlures craquelant le miroir sans tain et sans toucher du clone indifférent, copie de pire ordure, pour que d’un mot s’extrait l’impératif d’aimer : Aime le bleu de l’âme et la rose griffure laissant sur le silence des vents fous, buissonniers, des tempêtes, des serres d’aigle, égratignures, cicatrices de vol, libérées des regrets… Aime le blanc du cœur et la noire écorchure tyrannisant l’absence de pas faisant le guet entre manques, passions, brûlures et froidures et s’encrant d’arc-en-ciel de pleins et de déliés… D’avoir tant hiberné dans les mornes souillures des accommode-toi d’un passé dépassé, t’agenouille, mon double, devant cette blessure, « fissure d’âme », mot, par-chemin musardé… "La balafre des mots…" "La balafre des mots", a écrit le poète, pour quelques rendez-vous, souvenirs à panser, comme un poème tu dans les pleurs des tempêtes d’une traînée de nuit, longue à cicatriser… Quelques cris, des sanglots que le trouvère exhume des ruines des jardins d’enfance, des oublis et des traces ; "la nuit n’est qu’un haillon de brume", un rien tel une plume égarée hors du nid… Quand les chants célébrés, en exploits, par le barde taillent un diamant d’éclats et de grelots, mon cœur, mon cœur te rythme en "nuit d’avril", musarde ; sais-tu que ce sillage est d’un autre l’écho ? J’écrirai, troubadour, jusqu’au bout de la mine ; "j’ai retenu le temps", sablier en château : des titres de tes vers j’extirpe rose, épines, te les retourne, ami, pour un bouquet-cadeau… La Poucette et les mots… Et les yeux agrandis, par « l’ombre des silences », plus gros qu’envie de ventre au fantôme d’errance : la Petite Poucette, en les fruits défendus, se mirage des mots de paradis perdus… Et la mémoire tue, « silences d’écriture », des songes à bercer dans des mots confitures : la Petite Poucette a gavé de cailloux l’enfance non vécue, sinon qu’en bouche-trou… Et l’âme en son miroir, "un silence qui passe", dans les plumes fait vol des mots qui se fracassent : la Petite Poucette a troqué souvenirs d‘un non-avoir-été contre quelques soupirs… La solitude, alors, "la blancheur du silence", cristallise des mots brisés de transparence : la Petite Poucette, en coma dépassé par manque de tendresse, a perdu son passé… "Les larmes de l’offense…" S’en souvient : "accroupi dans le noir du silence" de sa quête d’ami, en sa jeune innocence, de son attache au port, des mots couleur d’enfance et des échos de mort arrachés des souffrances… M’en souviens : "on se piétine le cœur" ; on danse, tragédien, sur les épines, les fleurs ; on panse avec des riens, des mots, des cris, des pleurs, l’urgence d’un gardien, garde-fou au crève-cœur d’errance… S’en souvient : "sur son cœur les larmes de l’offense" déversaient leur froideur et leur désespérance dans des accroche-cœurs de mots en transhumance vers la cime teintée d’arc-en-ciel, transparence… M’en souviens : "des saisons dans la cendre", en absence ; bohémien, de mots doux à suspendre, en semence ; musicien, de graines à répandre, en nuances ; ange-gardien des feux, cœur à prendre, en vacance… Sous les ciels, "des silences…" Le silence est de plomb, "déshabillé d’étoiles", dans ce temps où les mots griffent le ciel de nuits, de ratures, d’oublis, souffles rauques en voiles hissées pour retenir les échos de l’ami… Ce silence des rêves perdus de l’enfance squatte la mémoire en nichée sous ciel de lit quand les mots dénudés, laissés là en souffrance, attendent muets aux portes du paradis… Quand "nos silences se parlaient tout bas", à l’ombre de miroirs traversés sous l’œil des arcs-en-ciel, des mots aux reflets d’or s’incrustaient, en pénombre, entre nos lèvres, là, pour des goûters de miel… Ces silences, soupirs, ces brisés dans des larmes, sous la voûte du ciel se forment en cristaux ; des mots brillent, flamboient et dirigent leurs armes de pleins, déliés en jets d’irisées vapeurs d’eau… C’est la loi du silence au plein cœur des révoltes ; "les mots figent le temps", jusqu’au tomber du ciel sur le passé d’enfant : ne garder de récoltes, pour les soifs et les faims, que les fruits essentiels… Est-il temps d’être la minute de silence devant les mots de plume envolés hors du nid ? Quand du septième ciel le cœur est en vacance, des sensualités se perdent en écrits… Une bouteille à la mer… Parle-moi d’une chose, un quelqu’un à aimer, un tout plein à construire, un rien à caresser, une trace de pas pour avancer en sente buissonnière ou pentue : donne-moi une attente… Parle-moi d’un besoin de me lever matin autre que pour remplir le morne quotidien du boire et du manger, du vivre en allégeance à la médiocrité : donne-moi l’espérance… Parle-moi d’un élan pour ouvrir grand la main, recevoir et offrir quelque soif, quelque faim, envie de partager l’inconnu, l’innocence, entre larmes et rires : donne-moi une enfance… Quelquefois enfant… Là, se jeter à corps perdu sur le premier, dernier venu, l’un l’autre, à bouche que veux-tu, se donner à tout inconnu… S’il est unique, c’est un dû ; mais il faut rendre le reçu ! Et s’en aller sur les chemins glaner mille, mille et un grains et s’en entasser tout un plein les poches, tout un plein les mains… C’est bon, mais c’est trop, mon gamin ; que te restera-t-il demain ? Mettre son réveil à sonner pour, plusieurs fois, se réveiller chaque nuit, avec un carnet ; y noter ce qu’on a rêvé… C’est beau cette vie d’à côté, mais ça, ce n’est pas vivre en vrai ! Et dire ‘non’, toutes les fois, à chaque phrase, et ses émois, qu’on veut partager avec soi, avec l’autre, l’humble ou le roi… C’est nier l’envie qu’on se doit d’être là, à l’amour, ma foi ! Le manque de raison, le grand, c’est de ne pas prendre le temps d’être encor quelquefois enfant, de faire des folies d’amants… Allons s’asseoir sur ce vieux banc, toi, moi, pour aller de l’avant…
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