Nicole TOURNEUR 78 - Le Mesnil St-Denis
Quelques textes de Nicole :
Le livre : Après "Laurie et le souffle du papillon" qui a enchanté le lecteur, le "Passé compliqué" qui l’a conduit au Maroc, Nicole Tourneur l’emmène cette fois au Mexique, "Terre brûlante" qu’elle vénère. Elle parvient à faire partager sa passion pour ce pays à travers les personnages qui y vivent ou le vivent, générations après générations, voyageurs ou non, brûlant d’amour, de révolte ou de rien. Nicole allume le feu, un feu qui avec elle, crépite et réchauffe toujours. Un extrait : T out va trop vite ! Mes pensées suintent au bout de mes doigts, la plume gratte le papier, elle sarcle la fibre, des particules explosent en pétales colorés que le buvard pompe avidement. J’amorce à peine mon récit, déjà, je voudrais l’avoir terminé. La mer longe la côte sur des centaines de kilomètres, elle excave les falaises, les borde d’une dentelle minérale. En se couchant, le soleil saupoudre de l’ocre sur les rochers escarpés. Deux fois par vingt-quatre heures, la lune aspire l’océan qu’elle rejette dans les abysses, en se retirant, l’eau émiette sur le sable des milliards de coquillages comestibles.
Et le tout dernier :
Quelques livres de Nicole :
Réveil matin Ah ! Le petit café du matin... Surtout, ne me parlez pas ! Vous affronteriez un iceberg. Car je l’attends ce petit café matinal. Il coule dans ma gorger tel un nectar. Il exacerbe mes papilles engourdies, Et ranime tous mes sens. Lorsque la nuit encore glaciale Teinte mes fenêtres d’encre violette Et que les nuages noir et gris Traversent mon ciel d’ennui En lâchant sur la terre desséchée Des trombes de larmes amères, Alors, son odeur corsée imprègne mon univers. Soudain, mes idées s’éclaircissent, Ma vie prend les couleurs de l’arc-en-ciel La journée peut commencer. Poussière d'étoiles La nuit étend, Sur le jour exténué, Une écharpe brodée En fils d'argent. Un zoo fabuleux Peuple la voûte céleste. Il y a Bernard, Le Renard, Gaston Le dragon, Justin Le dauphin, Gontran Le serpent. L'aigle Royal Le loup Des steppes Le capricorne Doré. Où sont les demoiselles ? Elles sont parties Très loin d'ici. Et dans la voie lactée, Partout sur notre planète, Le rire des enfants reflète L'univers étoilé. Ma famille (enfants) Ma grande sœur est casse-pied Elle me prend pour sa poupée. Elle me coiffe, me déguise Elle dit que je fais des bêtises. Mon petit frère est un démon, Il me traite de cornichon, Il peint sur mes livres d’école C’est un véritable pot de colle. Je suis le pauvre sandwich Qu’ils font tourner comme un derviche. Mais ils sont mon frère et ma sœur, Et je les aime de tout mon cœur. Il est un jour, il est un soir Le jour peine à résister, Opiniâtre, le soir le pousse. Le jour fuit la mort aux trousses, Comme toujours, le soir a gagné ! Alors, l’angoisse étreint ma gorge Remplie de morceaux de nuit, De craintes, de rêves, d’ennui. Des illusions que l’on se forge La frontière Il est affamé, épuisé. La frontière est là, devant, Il sait qu’en la traversant, Il perdra son identité. Le vent souffle la liberté. Tremblant de peur, il inspire, Plus que quelques mètres à franchir, Il est trop tard pour reculer. L’homme a passé la frontière Avec un hurlement vainqueur, À la manière d’un déserteur, Sans jamais regarder derrière. Les montagnes l’enchaînent, Avec leurs sentiers escarpés. Cette terre déshéritée Est pareille à la sienne. Soudain, venu des rochers, Retentit un coup de tonnerre, Aussitôt, un brillant éclair Déchire son cœur asséché. Surpris de n’avoir rien senti Quand le projectile l’a touché, L’apatride voit son sang ruisseler, Et il meurt sans nom, dans l’oubli. Chant de coton Elle a quitté le lit, Oubliée de ses enfants, Qui se sentent punis, Et le coton a poussé. Les hommes n'iront plus pêcher. Abandonnés, les bateaux Ont rouillé, paumés, meurtris Loin des confins de ses eaux, Et le coton a poussé. Les hommes n'iront plus pêcher. Poissons d'argent, poissons pluie, Mer d'Aral, humiliée, Triste, est perdue dans l'oubli, Et le coton a pleuré. Les hommes n'iront plus pêcher. La longue saison A jeun perdue glacée Toute seule sans un sou… Elle sort du bar. Elle tangue sur bâbord Ou peut-être sur tribord Elle ne se rappelle plus. Dans l’alcool, elle noie son amant Qui se cramponne à l’oubli. En bégayant, elle serine Tribord gauche Bâbord droite Non, c’est l’inverse Elle se gifle violemment Na, ça t’apprendra ! Une fille de seize ans Immobile debout… Elle embrasse le réverbère, Le regarde en riant Ou bien est-ce lui Qui la regarde.. Elle glisse sur le sol Pour pleurer doucement. Elle pose ses lèvres tièdes Sur le corps froid Son haleine acide décolore La peinture écaillée Puis, un homme mouche la flamme La femme mouche sa tristesse C’est dans l’ordre des choses Un jour ou l’autre Il faut laisser les regrets Place de la Concorde A midi le Quinze Août. D’après « La belle saison » de Jacques Prévert CHANT DE COTON Elle a quitté le lit, Oubliée de ses enfants, Qui se sentent punis, Et le coton a poussé. Les hommes n'iront plus pêcher Abandonnés, les bateaux Ont rouillé, paumés, meurtris Loin des confins de ses eaux, Et le coton a poussé. Les hommes n'iront plus pêcher Poissons d'argent, poissons pluie, Mer d'Aral, humiliée, Triste, est perdue dans l'oubli, Et le coton a pleuré. Les hommes n'iront plus pêcher Dauphinelle assassine La montagne a grondé. Soudain, dans l’aube rougissante, Elle vomit des nuées ardentes Sur ses pentes vertigineuses. Elles glissent enlarmes douloureuses, Rivières de lave brûlante, Pieuvres amples et insolentes, Sur la terre noircie et dévastée. Dans les cendres décolorées, Prémices d’une tragédie, Une dauphinelle s’épanouit. Et le monde a tremblé. Comme un millier de rhombes, Le sifflement des bombes Brise la quiétude de la nuit. Un trou béant déchire le pays, Il engloutit les vivants, Les digère en éructant. Ses lèvres bavent un excès Du sang des enfants muets. Passé amer, présent de terreur, Partout le désastre et la peur. Pourtant, sous les éboulis, Une nouvelle fleur frémit, Elle se nomme Démocratie. Et parce que l’espoir des peuples est plus grand que la folie des hommes, Un jour, peut-être, elle fleurira.
Contes :
Poésies :
La marelle De la terre jusqu’au ciel L’appartement est silencieux, j’entends le bourdonnement des radiateurs électriques, le ronronnement de l’ordinateur. Ces bruits, que j’ignorais auparavant, emplissent mes tympans. Je pourrais mettre la télévision ou la radio mais j’ai besoin de calme et cette semaine est la période rêvée : Pascal est au Gabon et les enfants passent les vacances de la Toussaint chez mes parents. Tu pourras te reposer et mettre ta maison en ordre, insista ma mère en fermant la portière de sa voiture. J’ai saisi le message, depuis deux jours, je range placards et coffres. À l’heure à laquelle d’ordinaire je concocte le dîner, je m’avachis sur le canapé avec un plateau télé et, les pieds en éventail sur la table basse, je regarde tout et n’importe quoi pourvu qu’il y ait des couleurs et des rires. En résumé, je profite au maximum de mon célibat temporaire ! Je jardine. J’ai suivi les instructions, mis le bulbe dans le pot et versé la terre avec précautions. Si tout se déroule comme prévu, dans quelques jours l’esquisse d’une amaryllis devrait voir le jour parce qu’on naît toujours de quelque chose. Je le sais depuis l’âge de raison, c’est-à-dire sept ans. Maman m’a dit « Tu es sortie d’une graine ». Sur l’instant, je n’ai pas compris le sens de sa phrase. Une graine : on plante dans du coton, ça germe et ça pousse. Ça devient des lentilles ou des fayots, mais moi ? Je ne ressemblais pas vraiment à une herbacée. Je n’insistai pas, toutefois, lorsque le secret de la conception me fut révélé, je ressentie une immense inquiétude : qu’allaient devenir les jardiniers ? Je ne peux évoquer ce souvenir sans sourire. Que ne donnerais-je pas pour retrouver mon insouciance enfantine. J’ai décidé de placer l’amaryllis dans le bow-window, la chaleur et la lumière du jour accélèreront sa croissance. La nuit est tombée depuis deux bonnes heures déjà. Une lune jaune, ronde comme une assiette, illumine un coin de l’univers, les lumières de la ville atténuent sa brillance. L’heure approche, elle va bientôt arriver, l’enfant Lune. Avec son skateboard sous le bras et ses patins à roulettes sur l’épaule. Malgré la chaleur, sa mère s’enveloppera dans son châle, elle frissonne en permanence. Quelquefois, son dos tressaille, pleure-t-elle ? Souvent, la tentation de la rejoindre me titille l’esprit mais je n’ose pas. Ce soir pourtant, j’ai le sentiment que la mère et la fille ont besoin de moi. Elles sont là. La mère s’installe sur le même banc, de son un sac, elle sort une revue qu’elle feuillette distraitement. Elle semble si lasse. L’Enfant Lune chausse ses patins, elle part s’éclater sur le terrain de basket, à cette heure tardive, il n’y a personne pour la déranger. Et elle revient, saute à la corde deux minutes, s’arrête. -Tu dessines une marelle, s’il te plait, maman ? -Je suis trop fatiguée, je ne peux pas me baisser. -Je t’aiderai. -Demain, je te promets. -Tu dis toujours ça, réplique l’Enfant Lune en faisant la moue. -Demain, ton père viendra, il dessinera la marelle. -D’accord ! Mais c’est pas juste. L’Enfant Lune s’éloigne en boudant. Sa mère la suit des yeux, le lampadaire, placé au-dessus d’elle, éclaire son visage inondé de larmes. Jusqu’à présent, elle résistait mais cette fois, elle craque. Je suis descendue. J’ai dessiné une marelle et, en partant de la terre, j’ai grimpé jusqu’au ciel en goudron. L’Enfant Lune est venue, elle m’a observée un moment les bras ballants, je lui ai souri. Je peux jouer, a-t-elle demandé. Bien sûr, Enfant Lune, cette marelle est faite pour toi. -Comment tu t’appelles ? -Louise. Et toi ? -Justine. -C’est joli comme prénom. -Pourquoi tu joues à la marelle ? Tu es une adulte. -Pour toucher le ciel, tu vois c’est la seule façon que j’ai trouvée pour plonger dans les nuages. -Et moi, tu crois que je peux plonger dans les nuages ? -Oui, si tu sais rêver. -Je sais. Chaque jour, je rêve que le soleil me chauffe la peau sans la brûler. Je rêve que je me baigne avec les autres enfants et que je bondis dans la cour à la récréation. Je rêve d’écouter par la fenêtre ouverte le chant d’une merlette. Tu vois, je sais rêver. -Oui, tu sais rêver. Je me suis tue, que pouvais-je ajouter ? La mère nous a rejointes, elle tremblait de froid. Nous avons parlé un long moment toutes les deux pendant que Justine sautait d’une case à l’autre. Et puis, nous nous sommes séparées. -Tu reviendras jouer avec moi ? a lancé Justine en s’éloignant. -Oui, promis. -Tu me parleras de ton soleil et je te parlerai de ma nuit !
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Présentation : Membre de la « Société des Gens de Lettres ». Adhérente à « La Maison des Écrivains ». L’écriture ? Contrairement à beaucoup d’auteurs, je ne suis pas tombée dedans quand j’étais petite. Comptable de formation, écrire restait un lointain désir. J’ai donc pris le temps de me marier, de faire trois enfants, d’accompagner mon mari au Mexique où nous avons vécu cinq ans avant de me lancer dans l’aventure en 1999. Concours divers : Lauréate de : - 2000 regards 2008, 2e prix de la nouvelle - VILLE DE GISORS, 2006 (poésie) - Association REGARDS, 2004 (nouvelles) - VILLE DE RAMBOUILLET, 2004 (poésie) - 2000 REGARDS, 2003 (poésie) - RECITS DE VIE, 2003 (nouvelles) - VAGABONDAGES, 2002 (poésie) Activités : - Manifestations culturelles : salons, cafés littéraires, clubs de lecture et librairies. Dédicaces à Paris, Région Parisienne, et Province (Cabourg, Besançon, Damparis, etc..). - Interventions et animations d’ateliers d’écriture en milieu scolaire ( de la 6e à la première) : lycée La MARTINIERE MONTPLAISIR à Lyon, Collège PHILIPE DE CHAMPAIGNE à Le Mesnil, ÉCOLE PRIMAIRE d’Arinthod, Lycée de la PLAINE DE NEAUPHLE à Trappes, Ugine….. Presse écrite. Presse audio-visuelle : France 2 - France 3 - Radio triangle - TV FIL78 - Écran d’arrêt… 06 24 62 46 92 Courriel :
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