Orlande ACORY 75 - Paris
Ma petite à Léa Dans un nuage de lumière soudain j'entends ta voix Qui vient répondre à ces prières du plus profond de moi Parfois je reviens en arrière pour écouter tes pas Je voudrais être encore hier, te serrer dans mes bras Il y a des jours comme des éclairs qui pourfendent nos choix Des brûlures venues d'un hier où l'on n'existait pas Il y a des nuits comme des barrières qui cloisonnent nos fois Des scories vives encore entières qui tombent sur nous comme ça Je viens d'un monde en barbelés Mais qu'aurais-tu pu faire De ces pensées en fil de fer Sinon t'y entraver ? Tu avais aussi ta misère Tes carences passées Les blessures de ces vieilles guerres Si vite réveillées J'aurais aimé que tu comprennes La nuit des enfants rois Tu aurais aimé que j'apprenne A poser cette croix J'aurais voulu que tu étrennes Un nouvel univers J'aurais voulu te voir sereine Malgré les aléas Je voulais faire de toi une reine Dans un monde de joie Mais tu as pris une autre voie Et ce n'est plus la peine Que te souhaiter qui ne te gêne Sinon un doux mystère Et l'amour plus fort que la haine Ma petite a, Léa Comment te dire sans me trahir Le désir qui m'anime Comment te dire sans faire souffrir Ce que tu t'imagines Il y a des fleurs qui poussent à vide Et d'autres trop limpides Il y a des fleurs lourdes de larmes Mais si pleines de charme … Absence de lien J'étais tellement fatigué que j'en oubliais de dormir . Ma vie s'écoulait comme la pisse dans l'urinoir, Chaude et jouissive pour soi un instant Froide et puante pour les autres et pour longtemps. J'errais parmi les foules, en quête de rien, Satisfait de mon sort comme je l'eût été d'un autre. La solitude était devenue ma compagne , Une compagne sans amour, sans exigences, sans remontrances; Je crois que je l'aimais bien, cette absence de lien. ECRIT PAS VAIN ?? Elle m'a fait signe, je n'ai pas su répondre, et alors à ce moment soudain le soir est tombé sur ma vie. Peut-être que pour une fois je sais pourquoi j'écris. Pour mieux partir. Pour savoir pourquoi je pars et ce qui ne pouvait me retenir. Pour avoir fait le tour de mes espoirs et les avoir un à un anéantis. Je t'appelle. Autour de toi les oiseaux chantent et ta voix aussi est douce mélodie. Tu m'aimes pour ce que je donne et te dis, mais là je fais silence et ne te cache pas mon malaise, mon mal-être. (elle dirait mâle-être ?) . Alors tu ne dis rien, juste un hmm hmm dont tu me dis qu'il ne veut rien dire, puis un autre, et la question toujours : qu'est-ce que tu veux ? que je te renvoie vertement, j'en ai marre d'être moteur, celle qui masque par son énergie le vide qui t'angoisse, et m'angoisse aussi. Je vais trop mal pour toi, ma chérie, et trop mal pour la vie. Tu m'aimes pour mon amour, et s'il vacille alors tu fais demi-tour, ou tu te figes dans l'attente de son retour. Au dehors les ombres avancent dans les rues comme des patrouilles de larves de morve. Pour une des premières fois depuis ma vie d'adulte, j'ai peur. Ce mélange d'alcools oui bien-sûr, LA question qui se pose en psy, ce mail de relance qui met la décision dans mon camp et dont tu refuses de m'exonérer un instant . Je suis responsable de ma vie , incapable de l'assumer, incapable aussi de le fuir. Les compliments qui fusent , si beaux, me touchent à peine, me touchent en me faisant de la peine, la peine de sentir que je m'en fous un peu, comme je m'en fous de faire attendre ma psy, l'enjeu a depuis longtemps disparu. Il est mort, sans avoir vécu . Comme peut-être je vais mourir sans avoir vécu si l'on entend par vivre le fait de vivre vraiment, pleinement en phase avec son désir, de sujet vivant. Il était bien malade aussi Lacan pour trouver tout ça mais l'issue était belle. Envie de te rappeler, malgré et avec toute mon agressivité, pour te dire que si tu ne m'aimes plus tu le dises clairement. Comme envie de tout casser, avec toi comme avec ma psy comme avec mon boulot et tout ce qui me fait être, et en ce moment m'insupporte. Besoin de répéter. Qui me tenaille, boue là en moi. Danger. Je t'appelle. - Si tu m'aimes tu viens, si tu ne sais pas tu ne viens pas. Sonne fort, je serai ivre, et dans mon lit. - Oh non, pas ivre, j'ai pas envie de te récupérer à la petite cuillère. - Si, ce soir c'est mon tour. Si tu le supportes pas, tu viens pas. - C'est couperet ton truc hein ! - Oui c'est comme ça. C'est en prenant des risques qu'on sait la vérité. Salut Grand Chat. Pensée pour Nono soudain. J'ai jamais su ce qu'il était devenu celui-là. Un déménagement, et hop, plein d'êtres qui disparaissent . Et Alain après, les voitures je me demande si c'est par pour ça que longtemps je les détestais. Puis Sylvie a réparé ça, ça se pourrait. Puis d'autres sont morts, en conduisant des voitures. Mais là je savais. L'être qui a disparu dans ma chambre d'hôpital . Encore avant ce jumeau qui longtemps m'entêta , fantôme ou fantasme mais quelle importance puisqu'il portait ça, comme l'enterrement caché de Bonne Maman que j'aimais tant mais cet amour de transfert n'expliquerait donc finalement pas tout, ça c'est à dire le trou du lieu où on disparaît sans laisser de traces , le trou de silence peut-être aussi qui m'habite et me désertifie, sur lequel j'écrivais tout à l'heure. Trou d'angoisse, d'où ont dû surgir aussi les patrouilles d'ombre entrevues à l'instant. Ca va mieux là. Je sens que Lo va venir, son amour dans le ventre et dans les yeux, me réparer. Je me projette dans un sommeil paisible avec elle. Tiens, je vais appeler les parents en l'attendant. Me vient, les renpas verlants et puis les rampants, qui renvoient à cette ombre, et pourtant une conscience nouvelle me vient de ce que les pauvres, peut-être je leur fait porter tout ça pour rien, à eux qui n'y sont pour rien, et il serait bien temps que je l'écrive, que je reste ou pas , tout ce que je leur dois y compris le fait de m'avoir servi à ça, à les charger de tout ce qui chez moi ne va pas, et dont aujourd'hui je les libère, et si je pars il faudra leur faire lire ça surtout hein. Car ils ne savent pas. Un jour Lo je t'écrirai quelque chose de beau, si tu le veux bien , si tu m'en laisses l'espace et en nourris mon désir . Quelque chose rien que pour toi, comme je n'ai jamais fait pour personne jusque-là puisque je m'adressais toujours aux morts , ou aux vivants pour des regrets qui me restaient secrets, ou encore à des vifs pour leur annoncer la fin de l'illusion, la rupture, l'impossible continuation. Jamais encore je n'ai admis et assumer le fait d'aimer. Jamais encore peut-être je ne me suis permis de le faire, je n'ai pu le vivre. Si je vis alors il faudra que je réussisse ça. Merci la vie Que c'est bon d'être aimée Désirée, enlacée, embrassée Je croyais mon cœur brisé Le voilà ressuscité Merci la vie Le jour se lève après la nuit Et que c'est bon d'aimer Désirer, enlacer, embrasser Et faire l'amour aussi Oui faire l'amour aussi Merci la vie Et je danse avec toi ce soir Libre d'écouter nos corps, nos espoirs Je regarde tes yeux briller Le monde est comme réinventé Réenchanté Une voix chante à la guitare Il n'est ni trop tôt ni trop tard Pour une fois Et j'oublie celle avec qui je rêvais de ça Puisque ce n'est pas elle qui est là mais bien toi Une voix chante à la guitare Il n'est ni trop tôt ni trop tard Pour une fois Merci la vie Le jour se lève après la nuit Merci la vie. Qu'un grand oiseau Je voudrais qu'un grand oiseau m'emporte au loin De ses ailes brodées d'argent et de dentelle Je monterais sur son dos , sans dire un mot Il connaîtrait le chemin Je serais bien Nous glisserions à travers cieux vers la trouée de bleu limpide Et par les airs, tout effervescents de lumière mais silencieux Nous irions Puis il me poserait légèrement dans le grand Rien En cet endroit où s'évaporent tous les Terriens, Ce lieu aussi où se dissolvent tous les "T'es rien" Et doucement repartirait Mais je n'en saurais rien. Ce serait bien. Ce soir je danse Je ne voulais plus croire en rien J'étais empêtrée dans mon chagrin Et toi tu es venue et tu m'as pris la main Je t'ai dit c'est trop tôt, tu le sais bien Car de l'amitié à l'amour Il n'y a qu'un pas, qu'un jour Mais de l'amour à l'amitié Quel combat, l'éternité Mais tu as planté ton regard dans le mien Et je me suis laissée émouvoir Par ce désir si pur, qu'en miroir Mon cœur s'est laissé aller vers le tien J'ai décidé de me laisser faire Un peu de bien De ne plus toujours d'abord craindre Le lendemain Ta candeur me séduit et me libère De trop penser je ne pouvais plus vivre rien Et toujours j'en venais à restreindre Le sens de la vie, les cadeaux du destin Ton courage me donne des ailes Je veux être digne de celle Qui ose tout quitter pour m'aimer Qui se lance en pays étranger Sans connaître les règles, les limites, les dangers Tu vas vers ton désir et le reste, qu'importe Tu te fies à ton cœur, à tes sens Quelle leçon de confiance Pourquoi toujours anticiper Prévoir, prévenir, et fermer la porte Ce soir tu vois je balance Tous ces interdits, toute cette méfiance Ce soir tu es là et je danse A cet amour naissant, à ta présence Aux lendemains qui chantent, à la chance Au printemps qui renaît, ce soir je danse. Fleur lisse Une fleur trop lisse Glisse glisse Le long de l'arbre des délices Et disparaît En contrepoint Des lianes de désir se hissent Se hissent Puis soudain se figent et durcissent Et décrochent Et moisissent Ou abandonnées par leur sève, à leur sort Elles deviennent vaisseaux de vide Et elles restent, inutiles, Comme des morceaux de mort enlacés à la vie Et parfois des enfants s'en saisissent encore Pour rallumer la flamme en brûlant les reliques Pour goûter au néant un instant en riant Jusqu'à ce que s'éteignent et s'étreignent sans fin Leurs croyances illusoires et la braise, dans le noir . Alors les êtres Déchus des rêves s'accroupissent Et crachent dans la cendre Et jurent, De Profondis Qu'ils seront des lianes vives Qu'ils atteindront les sommets Qu'ils cueilleront les fruits mûrs Ils le disent, ils sont sûrs Et les fleurs lisses à leurs pieds Pleurent de rire Sans pitié. ET NOUS IRONS EN PAIX Tremble le vent au frisson vain de nos ombres enlacées La nuit lumineuse se tait et questionne de son sourire l'éternité Par delà les nues vengeresses des ires déchues elle nous unit Et d'un trait balaie les paroles qui blessent, les sombre dans l'oubli A des années lumières d'ici un son s'est enfoncé Dans la gorge sans fond d'un trou noir ignoré Dont ne remontent plus ni vampes ni démons Les chimères vaincues à jamais se tairont Et nous irons en paix, enlacées Nous marcherons à la lumière retrouvée De cet amour timide, hésitant, malmené De cet amour sans fin, sans fin renouvelé Et notre vérité qui regonfle ses voiles Après le brouillard, la tempête, le blizzard Nous apprend que si tout n'est pas fruit du hasard Il faut savoir se fier quelquefois aux étoiles Et oser embrasser de nos rêves fragiles sans peur le ciel immense Sans craindre de se perdre, sans renoncer d'avance Car il n'est point de don plus beau de l'existence Que l'amour… et la folie serait de refuser sa chance.
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