Printemps des počtes 2008
 
PRINTEMPS DES POETES
Printemps 2008 ELOGE DE L'AUTRE
Carrefours, croisements, métissages
La poésie nous révèle cette vérité première : tout ce qui nous apparaît autre, étranger et lointain est une part de notre propre mystère. Si la langue du poème nous dépayse, c'est pour nous rendre désirable l'inconnu, l'inconnu qui nous entoure et celui qui nous habite : "Je est un autre" disait Rimbaud. Tout poème est une adresse à l'autre, une invitation comme le suggère Andrée Chedid, à sortir de notre "étroite peau" pour nous donner à la rencontre, à ce partage des différences qui seul donne sens à la communauté humaine.
Titus Titos Pinelopi Voltéra Fabrice Delors Michel Carrillo
JE TE VOIS, ÉTRANGER ! Combien y a-t-il d'étages en ce monde, d'escaliers à gravir, à dévaler, à gravir encore ? Dis-moi, étranger, où m'emmènes-tu ? Y a-t-il vraiment une révélation au bout du lointain ailleurs ? Y a-t-il des chemins étoilés au pays où tu es né ? Des déserts à remuer, des oasis calligraphiées sur des peaux brunes et parfumées ? Y a t'il des cieux émeraude qui versent des offrandes salées sur des coupoles de verre ? Y a t-il un océan d'amour, des plages encore vierges ? Où m'entraînes-tu, étranger ? Vers quelle cité aux blanches murailles ? Y a-t-il à leurs pieds, des enfants qui jouent la nuit quand leurs parents s’endorment sous des cartons ? Peut-on y croiser la vieille misère et son cortège de maladies honteuses ? Y a-t-il des aubes rougeoyantes, des coups de feu qui claquent à faire hurler les chiens ? Y a-t-il des jeunes filles qui mûrissent trop vite sur des trottoirs fardés ? Combien de fois peuvent-elles être achetées avant qu'elles ne flétrissent sous l'indifférence du monde ? La bonne conscience est-elle cotée en bourse ? Étranger, je te vois comme une ombre, mon regard se perd dans ton sillage aventureux, magnifique… Attirée, fascinée… Je garde juste assez de distance pour saisir la fraction de seconde pendant laquelle une porte apparaîtra, là même où je ne distingue encore que des murs… Ce n'est pas un paradis que je crois trouver ailleurs je ne sais que trop les coulisses l’arrière des décors mais la vie simplement dépouillée d’illusions sans garde-fous. Puisque nous y sommes, pourquoi ne pas nous frotter au monde ? Impossible de se perdre, la Terre est ronde ! Est-ce cela étranger, que tu veux m'enseigner ? Alors, emmène-moi encore, donne-moi cette chance d'apprendre ! Cathy Garcia BRASSENS Chaque vers de Brassens mérite un commentaire, Une étude, un propos, de la réflexion, Car en plus du bon sens posé sur l’éventaire, Il faut voir au-delà quelle perfection Apporte sa culture, envers nous, salutaire. On peut la découvrir émanant du latin, D’un refrain d’autrefois, ou d’un simple proverbe. De la mythologie on passe au libertin, Du ton le plus fleur bleue à la critique acerbe De la tristesse sombre aux rires du festin. Jean-Jacques Bloch Ici gît Une rose ci-gît Son destin s’est enfui En l’abandonnant sans vie Sur le pavé gris Son cœur ici gît Depuis que tu es parti Sur le pavé de sa vie C’est une longue nuit Ci-gît Une rose sur le pavé gris Son cœur surpris Par un coup du sort l’anéantit Et mit fin à sa vie Elisabeth Charpentier Le cul entre deux chaises et le cœur en malaise il déambule… Les pieds entre deux mers le rêve entre deux terres il funambule… La vie entre deux cartes la nuit entre deux squats il nous dérange… Les mots entre deux airs l’âme entre deux prières il s’en arrange… Le cul entre deux chaises l'espoir en parenthèses il est étrange… L’ETRANGER… Anick Baulard LA FLAMME ET L’ARBRISSEAU Mélancolie et joie, auriez-vous pris naissance Dans ce feu qui jaillit d’un fagot de genêts, Portant sa tiédeur au-delà des chenets Pour vaincre l’âpreté de l’hiver en puissance ? L’arbrisseau, dès l’avril, offre l’inflorescence Toute éclatante d’or sous le ciel Gâtinais ; Il prête volontiers une rime aux sonnets Et pare l’âtre noir de son incandescence. La luminosité, hors du foyer ardent, Eclaire un coin de vie où la chaleur s’étend ; La pénombre, plus loin, garde un certain mystère… Près de la cheminée à l’antique décor, Mon âge est souvenance, et j’écoute se taire La voix de mes aïeux qui me parlent encor… Simone Boinot Autre... en pronom personnel Je me suis retirée, du moins pour quelques temps, du monde, de la vie, des heures trépidantes, en un silence pour repartir de l’avant avant, retrouver l’autre, aussi, l’envie que mon cœur chante… Tu m’appelles à l’écoute et m’invites à jouer, toi, mon frère, mon autre, au jeu de se détendre, l’âme ouverte tout grand pour accueillir la paix avant de se parler, de chercher à s’entendre… Il me dit que l’esprit doit pouvoir s’aérer pour s’alléger des peurs, de ce qui fait décombres, lui, l’autre différent qui s’en vient partager son soleil étoilé, là que je suis dans l’ombre… Nous voilà réunis ; il faut nous ressourcer l’un à l’autre car nous sommes complémentaires ; ensemble, à l’arc-en-ciel, vite allons contempler, élargir l’horizon ; c’est notre belle affaire… Vous vous êtes liés pour aider à lutter, en frères, l’un pour l’autre, au bord de précipices quand le quotidien ressemblait à du déchet, pour qu’à la terre, enfin, il soit rendu justice… Ils se sont grandis quand ils se sont rencontrés pour souffler et reprendre élan, se mettre en quête ; avec eux, tous les autres, pour être, pour créer : Car l’amour brille en mains formant chaîne pour fête... Monique Pourre L’UN ET L’AUTRE Noir, jaune ou blanc, Venu de la ville ou des champs, Vieux ou jeune, Beau ou laid. On se regarde, On se serre la main. Quelque chose de l’un passe en l’autre, Quelque chose de l’un arrive jusqu’à l’autre. On fait un geste, On se sourit. On a quelque chose de pareil, On a quelque chose de différent. On marche côte à côte, On désigne un objet du doigt, Quelque chose de beau à partager, Quelque chose de surprenant. On voit les choses autrement, On entend différemment. On bute sur des syllabes, Ensemble, on s’ouvre au monde. Pour l’un et l’autre, Il est un jour sans barrières, Pour épouser une pensée neuve, Pour franchir l’horizon. Micheline Boland JE Je suis l’espace Qui efface sa face De crasse hélas Temple de glace Avec l’audace Je prédis ma race Plus coriace Dans la masse Je voudrais rendre grâce L’univers Est une grande place Que l’homme parfois agace Qu’il juge sur place Rien ne se passe Même à vois basses Figées et grasses Je suis un rapace. Pascal Kin Autre - 1 - Anonyme ami Un seul regard m'a suffi Pour te reconnaître. - 2 - Moi, ombre esseulée... Triste dans la ville vide Soudain, TOI, l'AUTRE : joie. - 3 - Une main, un bras, Une épaule secourables : Merci à toi, "l'autre" - 4 - J'offre un regard... S'appuyant sur mon épaule, L'autre me sourit... - 5 - Des pleurs : un mouchoir, Un désespoir : une oreille... Je suis là pour l'autre. Joëlle Brethes Estime je salue en nous tout ce qu’il faut d’ouverture entre des époux de conserve deux pour une croix – ensemble il nous est loisible d’assumer nos choix Diane Descôteaux POESIE DE LA VIE Je regarde les constellations Scintiller dans le ciel Un peu avant la période diurne J’ai contemplé les herbes De la prairie Lesquelles en poussant s’entremêlent Je suis chauffé de l’intérieur Par le soleil quand il irrigue mon existence Je vis la quiétude de mes pensées Le long de ce chemin de terre Eclairé par la lune Bercé par le gazouillis Du ruisseau proche Il est des champs de pommiers Qui accueillent quelques poiriers et abricotiers Si la nature est plurielle Pourquoi : la personne humaine Peut-être intolérante, égoïste, voire xénophobe La rose renaît toujours l’été Au-delà des sols variés Même assailli Par les courants impétueux des phénomènes extérieurs Parfois difficiles pour les cœurs et les corps Je clame, comme philosophe du peuple La poésie de la vie. Réflexion philosophique : le désir du désir de l’autre dont parlait Hegel, N’est-ce pas le respect de la dignité de la vie Transmise comme valeur constitutive à la nouvelle génération Justement : Afin que la vie serve la vie. Guy Crequie SOUVENT JE REVE… A des jets de fraîcheur Sous les pieds des femmes Porteuse d’eau, Droites magnifiques et fières Dans leurs habits chatoyants Sur la tête une cruche, A leur dos un enfant… A leurs terres taries Les sources sont des rêves ! Je rêve à des enfants Voix mêlées et joyeuses Récitant des poèmes d’adieu Aux favelas des misères, De leur enfance perdue. Je rêve à des hommes Libres sur leurs terres Rapportant la manne, Sortis du cauchemar Des envies de migrer ! Je rêve à des forêts Foisonnantes e vie D’où nul brûlis ne s’élève. Je rêve au respect de la terre, De l’homme pour l’homme, Sans le poids des querelles Et le bruit des armes, Je rêve les yeux grands ouverts... Ghislaine Bricout L’ILE ARC EN CIEL Arc-en-ciel, on t’appelle l’île arc-en-ciel * rose, brun, noir, ivoire, ce sont tes coloris et ils sont tous nécessaires à ta vibration terre lointaine, mienne océane et unique. C’est toi qui m’as donné mon sang d’arc-en-ciel, mon rouge sang où bouillonnent toutes couleurs, tous vents, toutes cultures et tous paquets de mer, toutes ouvertures vers le large, l’infini. C’est grâce à toi que je tends les bras au futur du monde qui, je le veux, je le sais, sera une somptueuse irisation mordorée, un arc-en-ciel géant qui ne brillera plus que pour, par fraternité et intelligence ! L’île Maurice est surnommée "l’île arc-en-ciel", en raison de sa très grande diversité ethnique. Patricia Laranco DERRIERE LES GRILLES Au zoo Il y avait plein d’animaux Qui me regardaient Avec intérêt Et curiosité Les singes au cul pelé m’ont lancé des cacahuètes Guy Savel Vers iambiques en paronyme Poètes mes amis ! Qu’est donc la poésie ? Quintessence, création… Un esprit d’écriture au goût de frénésie ? L’or pur de l’inspiration ? Vous surprenant un jour, les jolis mots vont naître. L’amour en ses premiers élans Vous instruit de ses vers, pauvres, nus, sans connaître Les règles ni dresser de plans… Puis viendra le vécu, le temps de la technique En ses vertus d’affinité… Un langage, un appel, le plaisir du métrique Aux saveurs de l’infinité ! Le mythe a ses raisons, en nous sommeille Orphée ! Vous puiserez dans l’éventail Du rythme et de la rime appelés au trophée… Lors suscitant le maint détail ! Pour entrer dans l’élite ou monter au cénacle Des illustres déclamateurs… Devra-t’on pour cela se porter au pinacle D’ironiques désenchanteurs ? Je ne sais pas pour vous mais pour moi l’ineffable Vit de nos poèmes offerts… Du bonheur d’écriture ! Ô nul parfum de fable ! Il s’agit d’iambiques vers ! Marie-France Moriaux DE TOI A MOI La terre bleue où le ciel se hasarde Au miroir des étangs A mi-chemin la danse des arbres Où les oiseaux prennent le vent Champs de bataille de lit défait Echappée belle de vie rêvée Assemblage d’un nouveau décor Et source d’un nouvel essor Florilège de nouvelles essences Sortilège d’une nouvelle fragrance Le temps a formé la spirale Qui se referme et nous avale Je sais nous avons pris des coups Mais notre force est en nous Les sacs lourds de nos soucis Nous les portons à bout de bras A chaque pas nous portons nos vies Et nos victoires, sur toi sur moi La nuit des temps de notre amour A scellé en lettre de feu Des serments qui disent toujours Et annihilent tous autres aveux Chaque mot a sa renaissance Au parchemin de la conscience La tendresse cautérise le temps La passion transcende les amants Je sais que rien ne dure Je sais que rien n’est sûr Et pourtant… Toi et Moi… ! Yvette Vasseur Face à Face Au Rythme du balafon, Ta rencontre, sublime, forte et sonore, Chère Afrique, m’a offert une entrée si intense, Que je vibre d’émotions. Ton regard m’invite à t’aimer, A soulever cet esprit de l’Amour, Sous l’éclat magique de ton appel sympathique. Les calebasses sont pleines du don du partage, Et ton invitation perce le voile de mon ignorance. Je fais connaissance. Ton regard si vivant, si affectueux et vif à la fois, Dénouent les langues, éteint les angoisses. Tes yeux m’offrent réconfort et douceur. Mon âme accueille tes secrets. Trésor parleur, le Tam-Tam chante la Terre, Ces chemins divers et sans fin. Les pistes s’entrelacent, Les rencontres se font au détour d’une courbe, Et les marigots recèlent de mille vies. Je suis enivré. Tous tes clins d’œil scellent mon histoire. Sans jamais chercher très loin la joie des visages, Notre face à face présent, source de mes vertiges, Fait que ton regard me rend moins sûr. Ton regard n’est pas silencieux. Il m’a ouvert une brèche. De mes remparts, je suis tombé. L’obscurité s’éteint. Je commence à être en Toi. Pascal Ronzon Au pays du Toimoi… Toi qui n’es pas moi, Ni mon sosie, ni mon clone, Ni mon jumeau, ni mon icône, Ni ma copie, ni mon siamois… Toi que je vois si différent, De peau, de verbe ou de coutumes, Rappelle-toi, nous nous connûmes En d’autres temps moins cohérents ! Toi mon ami, mon confident, D’un même rêve nous grandîmes De part et d’autre de l’abîme Creusé par l’homme intransigeant ! Chacun sa terre, chacun sa pelle, Une brouette au jour, emplit le trou, Le fond remonte, et peu ou prou… De part et d’autre on s’interpelle ! Depuis deux siècles au moins certaines voix échangent Qui plutôt que haïr se montrent généreuses En portant crescendo leur mélodie heureuse, Leur foi, leur tolérance, pour qu’enfin l’humain change ! La cicatrice est là, mon frère elle nous rappelle Que le chemin est long qui nous mène au respect, Quand nos peaux aux racines cramponnent leur aspect Ou quand notre culture refuse d’autres chapelles ! Oui frère la route est longue qui va nous emmener Au pays du Toimoi, où l’on vit sans tiroirs Où ranger la couleur, la foi qui est espoir, Sans plus jamais trier nos différences innées… Chez le tout nouveau né seul l’inné manifeste ! C’est bien l’acquis qui crée l’envie et tout le reste ! Bernard Dausse Il te souvient peut être Je m’arrête un instant, essoufflé et vidé, Privé de ma rosée et de tous mes orages Qui m’ont fait tournoyer comme une feuille au vent Arrachée, emportée, dans un souffle puissant, Abandonnée soudain en plein ciel, sans élan, Tombant de tout mon poids et arraché d’un coup Sans aucun ménagement, sans aucune retenue. Alors tout recommence à tournoyer encore C’est un jour de tourmente ! La tourmente de l’amour. Il te souvient peut-être des cigales qui s’envolent En laissant leur livrée, abandonnée aux branches Après avoir fendu sans nul ménagement Leur robe dans le dos ? On se demande comment Leur âme s’est envolée sans déchirer la toile De leur fine livrée. Si tu pouvais de loin, voir ce qui s’est passé Après tout cet orage et cette chevauchée ! Il reste une livrée d’une cigale bien folle Qui est partie vers toi dans la clape ou le port Te chercher partout et te chercher encore Entends-tu le soleil chanter avec ses ailes ? Veux-tu faire l’amour aux vibrations des ailes De cette folle cigale, Dans le ciel parfumé de pins et de lavande ? Michel Carrillo LE FACTEUR CHEVAL Point n’est besoin d’être cantonnier pour amasser des cailloux Point n’est besoin d’être architecte pour concevoir un palais Point n’est besoin d’être maçon pour le bâtir Point n’est besoin d’être sculpteur pour façonner des objets fantastiques Il suffit d’un for intérieur foisonnant, d’une persévérance à toute épreuve. Petit à petit, le facteur Cheval a entassé les pierres, les a rassemblées, agglomérées, agglutinées. Il a réalisé concrétions, stalactites, stalagmites, grottes bourgeonnantes, immense mosaïque. Exubérance minérale, profusion végétale, excroissance luxuriante, foule en expansion, colonies en extension, peuplement débordant, prolifération humanoïde anarchique, univers extraordinaire. J’admire l’homme qui peu à peu a donné corps à son rêve, forme à son œuvre, sens à sa vie. Marie-Noëlle Hôpital Méli-mélo Au carrefour des quatre chemins, Se font entendre des clameurs ; Bruits hétéroclites, tam-tam, flûte. Ceux-ci s’amplifient, se rapprochent. Dans la douceur de la nuit, Soudain à nos yeux, apparaît Tout un panel de couleurs bondissant, Qui chante, et déclame des vers. Des femmes aux visages angéliques Et diaphanes, les cheveux d’un noir de jais ; D’autres encore, à la tignasse flamboyante La peau cuivrée ou couleur d’ébène. Tous vantent la vie, la nature, la beauté. Une multitude d’enfants, de femmes, D’hommes suivent ce cortège Dans la joie et la bonne humeur. Au carrefour des quatre chemins, Comme au carrefour du monde, La poésie met les êtres en harmonie ; La musique elle, adoucit les mœurs. Vivons donc unis, amis ; Aimons-nous les uns les autres !... Huguette Dijoux AUTOPSIE DU POÈME Un texte, comme un corps, s’étudie au scalpel ! Si le poète écrit quelquefois pour lui-même, Ses vers, le plus souvent, contiennent un appel, Une offre, des regrets, sur un ton solennel, Plus rarement, vengeurs, ils jettent l’anathème. Par touche, descriptifs, légers comme pastel, Ils peignent les saisons, la mer ou la bohème… Un texte, comme un corps, s’étudie au scalpel ! L’ode s’adresse à tous et chaque auteur le sème Un peu comme le grain, d’un geste naturel, Espérant voir germer, en plus du temporel, L’humanisme qui chasse au loin chaque problème. Mieux , faisant fuir l’erreur, la crainte le dilemme Il apporte en esprit, comme dans le formel, Quelle que soit le foi, la couleur du mortel Le désir soutenu de lui dire je t’aime. Jean-Jacques Bloch LE CONSOLATEUR Un esprit de poète en un fond de clarté, Au regard de douceur, plein de sollicitude Vient consoler mon cœur, l’entoure de quiétude. Un coin de Ciel d’azur m’éclaire de bonté ! Auteur d’un autre temps, l’Univers en beauté Façonne ses vers étrange de plénitude… Il conjugue l’instant, fait de sa solitude, m’insuffle du courage dans l’adversité. Dans l’espace cosmique, goûtant l’ambroisie, La nature sa sœur, le fête en poésie ! Musagère, consolateur que j’ai reçu ! Pour que règnent l’amour, ma paix, la vérité : Symphonie du bonheur ! -poète que fais-tu ? Arcane tout puissant de l’immortalité ! Yvette-Thérèse de Lepervanche (en hommage à un poète disparu, le titre de Consolateur lui sied à merveille) Tu es celui que j'ai choisi Dans cette contrée africaine, Mystérieuse et si lointaine: La Tunisie, un paradis. Ma différence te séduit L'altérité est souveraine Tu es celui que j'ai choisi: La poésie en est la chaîne. L'écriture nous réunit. Cette harmonie est une aubaine Et je m'abreuve à ta fontaine. Si je m'éloigne tu m'écris: Tu es celui que j'ai choisi ! Gabrielle Dumont-Couturier Éloge à l’artisan Je te regarde faire, artisan de toujours, Travaillant ton ouvrage avec zèle et amour. Tes gestes sont précis, ton regard infaillible Prêt à percevoir quelques défauts possibles. Tu manies la matière, ton art, au bout des doigts ; Que ce soit le métal, le tissu ou le bois. A l’objet que tu façonnes, à lui, tu te donnes : Ton empreinte se voulant plus violente Afin de mieux sentir ce que toi seul invente. Tu passes des heures sans voir courir le temps ; Le parfait du fini étant seul important. Nul ne pourra jamais te voler ce savoir Appris au fil des ans, et qui est ton histoire. Ne trouves pas excessifs ces éloges et propos Mais permets-moi, veux-tu d’ajouter deux mots -Je t’admire, oh combien, artisan que tu es Et le feu qui t’anime, me fascine à jamais ! Eliane Pellegris Mon idole J'avais fondé l'espoir de voir un jour ou l'autre Grandir en notre monde un humain idéal Un personnage ouvert à l'impartialité Connu et rassembleur des peuples à l'instar De ceux qui sont épris de l'amour de la paix Bon, généreux, puissant, ivre de tolérance Beau comme un Adonis pétri d'humilité Doté d'un fort Q.I et doué pour les Arts Un parfait gentleman, diplomate à souhait A l'esprit déférant, fertile en références Cet être exceptionnel, féerique et royal Je l'ai cherché en vain ici parmi les nôtres Ailleurs sur terre aussi en des pays lointains Étrangers, inconnus, isolés, mystérieux Sans jamais le trouver cet homme de bon teint Verrai-je mon idole au paradis des Dieux ? NOBODY IS PERFECT Cépygé.X Savoir déceler, de l’Autre, cet inconnu, la part de cristal. ——————— Carrefour de vies : j’ai suivi l’autre chemin qui conduit vers toi. -------------- Au lac de tes yeux quand je te regarde, l’Autre je me vois... ------------------ Pour que s ‘épanouisse le beau sourire de l’autre ouvre grand ton cœur. Monique Mérabet Si tu as vécu ou approché la réalité de ton semblable, tu peux comprendre et admettre sa réaction. Si tu ne l'a pas vécu … écoute, tais-toi et surtout ne juge pas. Yvonne Ollier Patchwork Mosaïque de visages et de couleurs, Des blancs, des noirs, rouges ou jaunes, Telle une multitude d’anémones Parsemées dans un pré en fleur. Autant de couleurs que de cultures, Non pas la culture de la terre, Mais celle des êtres de chair Tirant leur devenir de leurs sépultures. Cette planète est riche à foison De toutes ces différences. Mais aura-t-elle la chance D’échapper à la destruction Causée par la folie des Hommes Dont l’origine remonte à une pomme ? Françoise Deboges A toute différence A toute différence, ayons le cœur ouvert Pour laisser les essors d’amour et de tendresse Entrer sans avoir peur, surtout s’ils ont souffert Rejetés, quelquefois, d’une gifle traîtresse. Sans jamais la juger, même en avis couvert, A toute différence, ayons le cœur ouvert Permettant de la sorte aux autres de comprendre Que réside en chacun de l’amour à répandre. Surpris par un accueil où le nôtre est offert, Ils penseront alors, heureux de leur surprise : “A toute différence, ayons le cœur ouvert Et tendons notre main qu’un sourire autorise.” Ainsi, dans une ronde où le début se perd, Tous les êtres viendraient apporter leur partage ; Mais pour y parvenir, prouvons-le davantage : A toute différence, ayons le cœur ouvert ! Johanne Hauber-Bieth Extrait du recueil “En cueillant le jour" LE VIEUX LIVRE Tu sors, après vingt ans, de cette armoire obscure, O vieux livre sacré, vieux livre qu’autrefois La mère de mon père, humble et pâle figure, Prenait, en commençant, par un signe de crois. Confident de sa foi toujours naïve et pure, Elle te relisait sans cesse à demi voix, Si bien que le velours de cette reliure Garde encore aujourd’hui l’empreinte de ses doigts. Ce fut dans tes feuillets qu’avec un bon sourire, Aïeule patiente, elle m’apprit à lire ; Je répétais par cœur les mots cent fois relus, J’ai, depuis lors, ouvert tous les livres des sages, Mais ces livres fameux, datés de tous les âges, Sur la vie et la mort ne m’ont rien dit de plus. Athe Gracci La Loire Tes berges en courbes se déplacent Au soleil sur tes grèves ardentes, S’ébrouent le coulis et la bécasse ; Maculés dans un eau éblouissante. Fleuve sauvage ! Sous la saulaie Comme un message, Un îlot apparait. Des osiers aux reflets argentés Ombragent des bœufs en troupeau. De sauge et de menthe, l’alizé Se parfume par temps chaud. Fleuve sauvage ! Une barque dort Près du rivage Que le sable dévore. Sous un ciel de lune roux, Très courants tout en fraîcheur, Clapotent sur des galets roux ; Où l’animal attend son heure. Fleuve sauvage ! Aux larges rives Royal est ton voyage Au vert pays des eaux vives… Joseph Sterle ENSEMBLE, EVOLUER SANS TREVE Poète curieux, ta curiosité N’est pas indiscrétion, mais désir de connaître Toute chose ici bas, non seulement cet être Celui qui te ressemble en humain classifié. Sa chaîne descend droit de l’arbre de Jesse. Qu’il soit blanc, qu’il soit noir, citadin ou champêtre, Intermédiaire couleur, mais toujours ton ancêtre, Le soleil sur sa peau l’a parfois coloré. Métissage subi, voulu décolora Le cuir caméléon qui l’entoure et protège. Il le suit pas à pas quel que soit son manège : Consciemment ou non, le soumet à sa loi. Sa seule richesse, sa singularité. Le cerveau, sans témoins, ce centre des merveilles Ourdit bien à l’abri, destinées non pareilles Qu’il lui faudra un jour mettre en communauté. Pour empêcher un monstre, son alter ego De faire prévaloir son désir de puissance Où que puisse aboutir le jeu de sa démence : Nous devons nous unir, repartir à zéro. Nous délibérerons ensemble, simplement, Pour écarter le mal en adoptant les vues Qui rendront à nos vies leurs dignités perdues : Pour un monde nouveau, nous irons de l’avant. Germaine Cartro
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